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2008-09-09 15:42:32 : OHM TRail, (B) Aywaille, 08 septembre 35 kms et 1700 D+

Ohm Trail, 8 septembre, Aywaille, Belgique
1700 m de D+ pour +/- 35 kms.
Ohm, symbole de résistance… j’avais déjà commencé un de mes CR sur ce trail de cette manière ; cette année, ce symbole prend toute sa valeur !
Après mes ennuis de cette fin de premier semestre et ayant trouvé en l’industrie pharmaceutique mon principal sponsor, j’aborde ce début de saison sur des œufs : comment retrouver la confiance en moi, et comment courir, en plus du reste, avec la borréliose et mon asthme ? En m’inscrivant sur cette course que je connais, je savais les risques grands, mais étais aussi conscient que si les résultats étaient positifs, le moral reviendrait au top.

Dimanche 8 , 8 heures.
Levé, douche et petit déjeuner copieux, pour être à 9 heures 15 sur place.
La journée commence bien, les organisateurs n’ont pas pris en compte ma pré-inscription… un signe ? je pars, je reste ? je pense à autre chose, et retombe dans un mutisme, je me prépare, chaussette gauche, chaussure gauche, cho 7 droite …
10 heures, brieffing, 10h10, départ ! Avec mes misères et mon sur poids, cela fait presque 6 semaines que je ne cours plus, et ai juste 100 kms de préparation…

Après 500 mètres de plat, certains diront d’échauffement, les festivités commencent : passer de 122 m d’altitude à 330 mètres sur quelques centaines de mètres… on dirait les Alpes. Je ne pense à rien, et cours comme un robot, sans plaisir mais sans douleurs non plus. Le parcours en ce moment, est identique à celui de l’année précédente ; l’organisateur a bien prévu quelques changements, je me réjouis de voir de quoi il en retourne. Malgré la pluie fine du matin, il fait assez chaud, et parfois le soleil nous réchauffe, je me détend lentement. Les paysages et nature sont toujours aussi beaux. D’un bref calcul, après10 kms, et 400 mètres de D+, au pied d’un put… de côte, le déclic ! le genre de truc qui vous fait passer de l’état de spectateur à celui d’acteur, une poussée d’adrénaline pas possible telle un coup de pied aux fesses ! Au fait, cette cote, un mur, en légère courbe, qui vous donne l’impression d’embrasser le ciel.
Il y a 1h10 qui je suis parti, et j’atteins le premier ravitaillement. Tout va bien.
Je bois mais comme à Desvres, je ne mange pas. La sortie de la vallée est en forte pente, et je remonte un groupe de marcheurs. Cela me dynamise. Les 500 mètres suivant seront d’un autre registre, pas en difficulté, mais courir dans les hautes herbes me fait peur, et je repense à cette saloperie de tique qui m’a fait tant de mal. Je paierais cher le cantonnier pour qu’il vienne débroussailler ce passage.
Je descend maintenant vers le Ninglinspo, lieu touristique mythique de la région, superbe, enchanteur, magique en balade, à pied, mais en course, même lente, très technique ! Je ne sais sur combien de mètres, le chemin longe le ruisseau, et le traverse de gauche à droite, sur de petits ponts en rondins. Je choisis la facilité et passe au travers de tout, en ligne droite, pataugeant dans l’eau. Je prend maintenant du plaisir à courir. Le deuxième ravito est au dessus d’une butte, petite, mais hard ! Je prend 5 minutes pour papoter et boire. Il fait beau.
Montées et descentes se suivent, se ressemblent. Les petits changements apportés au parcours le rendent encore plus dur et technique que l’année précédente. Pour le puriste, ce n’est que du mieux, mais pour le néophyte qui venait s’initier au trail, ce n’est pas une bonne chose.
27 kms, et dernier ravitaillement. A vol d’oiseau, il reste 1km, sur le terrain, il en reste 6 . Yves et Dominique, les GO, nous font monter et descendre à flanc de vallée. C’est beau de voir, sous différents angles, le même château accroché à la colline, mais je n’ai pas l’impression d’avancer, et cela me tue. Mais enfin, le bout du tunnel ! Enfin le bout, la dernière côte plutôt, mais de cela, j’en suis sur, c’est la dernière ! Nous passerons de 150 mètres d’altitude à 310 mètres sur 300 mètres de cote ! Dur en fin de parcours, mais sentir l’écurie me booste. Je n’ai pas eu de douleur, de réel problème sur le parcours, je suis content !
De bonne augure pour la suite, avec Millau fin septembre.
Mes problèmes ne m’ont pas trop affectés, si ce ne sont d’énormes douleurs aux genoux et aux omoplates (problèmes liés médicaments) pas de coup de fatigue, de douleurs nerveuses, musculaires, rien de bien ennuyant à signaler. La machine a tenu !
Il est 15h10 et j’en termine.
Ma femme m’attend. Je bois une bière, un coca. Je n’ai pas de gout à manger, pourtant, j’ai droit à un « boulet-frites-salade ». Je rentre direct à la maison, je prendrai un bon bain chez moi.

Le moral revient, le physique me laisse tranquille. Une nouvelle saison recommence. Aujourd’hui, j’ai couru seul tout le temps, j’ai eu du temps pour moi, du temps pour vivre, rêver, penser… un bon lavage de cerveau.
48 heures après cette course, et avoir recouru ce midi une dizaine de kms, mon asthme ne m’ennuie plus, et aucune douleur à la course n’est apparue.

non, pas de photo de moi cette fois, je ne tiens plus la comparaison avec Fred...

Les réactions

Par LINDA, le 2008-09-09 17:02:00
coucou cher Nenni,

Quand je lis ça :"48 heures après cette course, et avoir recouru ce midi une dizaine de kms, mon asthme ne m’ennuie plus, et aucune douleur à la course n’est apparue." Je dis que c'est le bonheur retrouvé!!!! Il m'en faut pas plus!!!
Un bon début, un bon espoir pour les 100km très bientôt!!

Bravo et merci pour ce partage.

Bisous

Linda

Par Krusti, le 2008-09-09 19:16:10

Je ne savais pas pour la Borréliose.
Le + dur semble bien derrière toi.

Beaux clichés en passant? ;)

Par riri, le 2008-09-10 10:19:24
super récit et oui bon nouveau départ !!

faudra que je m'essaie un des ces 4 à un trail ailleurs que dans les alpes ;-)

Par Belon, le 2008-09-10 14:04:36

Bravo Nenni !
Tu sais j'ai beaucoup courru en pensant à toi ces derniers mois, donc bien du plaisir aujourd'hui à te lire !!!

:)))))))))))))))))))))))))))

Par christophe, le 2008-09-10 14:36:23
bravo ! pour le moral !

j'ai partagé également cette belle épreuve ... magnifique comme l'année passée

Bon courage pour la suite

http://trails.skyblogs.be/

Par Ku, le 2008-09-10 20:23:36
Très beau récit, merci Nenni,
Quand le moral revient on va toujours plus loin.
Bonne continuation

Par nenni, le 2008-09-11 11:59:15
merci, c'est bon de se sentir revenir !

Par mielou, le 2008-09-12 17:26:54
les chemins de nenni...
youjours une découverte

Par mielou, le 2008-09-12 17:27:17
je voulais dire toujours !

Par , le 2008-09-19 16:13:31
ALLEZ L'OHM!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Par , le 2008-09-23 17:36:53
������?

Par , le 2008-09-24 09:23:48
GOOD!

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Combien fait un plus trois ? (en toute lettre)





Ben si, ça monte !



le plus court cehmin pour aller tout droit, une fois à gauche, une fois à droite...






si vous regardez bien, vous verrez le chemin, au milieu des pierres...




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2008-06-16 18:48:10 : Trail de la Faïence, Desvres (62), 48 kms - 18 photos - 7 réactions

Drôle d'état d'esprit pour participer à cette première et comme on le dit chez nous, plus envie d'aller me pendre que de courir...
La visite auprès de nos amis vetiéglisois me reconforte tout de même.
Après un samedi récréatif dans le Pas de Calais, je termine ma journée en achevant de préparer mes effets pour le lendemain. La nuit ne sera pas reposante.
Levé à 6 heures, douche rapide et départ pour Desvres, distant d'une quarantaine de kms.
Je prend mon dossard, vais déjeuner (deux croissants, un pain choco, deux cafés et un jus d'orange, rien que du diététique) et me rendors dans la voiture. il est 8h15 lorsque je me réveille. Il fait gris, la pluie menace.
Je retrouve, près de l'arche de départ, Doudou, autre Céleste qui a fait le déplacement.
8h50, la drache ! tout le monde s'abrite et prie, les yeux non pas vers La Mecque, mais vers le ciel.
9h05, je m'éclate ou je m'éclate !?! Départ. Les +/- 300 participants aux deux épreuves s'élancent. Je suis très vite dans le peloton de queue, mais je m'en fous, j'ai la tête ailleurs, et je me demande même si j'ai ma tête.
Je fais les premiers kms avec Doudou, mais rapidement, au gré de mes photos et de mes fréquents arrèts, il me distance. Je vais vagabonder de côtes en côtes, seul, ou avec de temps en temps une rencontre, mais brève. Le paysage est beau, les sentiers sont super glissants, et la météo nous épargne. Je tourne en 1h10 aux 10 premiers kms. Je parviens de temps en temps à me distraire, mais ai l'oeil sur ma montre et je me prend souvent le poul. Je viens de monter à 170 puls au sommet d'une côte. Je suis partagé entre crainte et j'en-foutisme; je végète.
Le premier ravitaillement est au km 19, et j'y suis en 2h25. Je suis lent et régulier, je n'ai mal nulle part, je n'ai toujours pas ma tête. Je rencontre Georges, qui en est à son premier long trail (il n'a pas encore fait plus de 30 kms en course). Nous papotons un peu, mais je n'ai pas envie, et pourtant, grâce à lui, mon moral va tout doucement revenir. Ce ne sera jamais la grande forme, mais le sourir me revient.
La sortie de la vallée où était niché le ravitaillement est raide, sur plus ou moins 300 mètres d'un chemin de moutons, le long d'une cloture, et à plusieurs reprises, je manque de m'embrocher dans les fils barbelés, je n'ai plus la vue claire. Une descente en pente douce me permet de reprendre mes esprits. Il est presque midi. Le ciel se couvre de gros nuages gris, et il commence à greler. Des arbres nous protègent de la grèle et amortissent les chocs.
Le deuxième ravitaillement, au 28ème km, est ateint en 3h30. Je suis toujours avec Georges. L'averse n'a pas duré, mais a été suffisante pour rendre extrèmement gras les chemins. Le mélange de terre et de craie est un cocktail détonnant en matière de glisse, et il nous faut tout notre instinct de survie pour ne pas être par terre à chaque pas.
Le soleil va vite revenir, et réchauffer l'atmosphère, à defaut de sècher les sentiers.
J'ai arrèté de prendre mon poul, la sensation d'engourdissement de machoire est suffisante pour savoir que je suis dans le rouge, et pourtant, au niveau muscles, je ne suis nulle part. Je relance en côte, sur plat, partout, sans difficultés. Georges, lui, commence des crampes... les kms lui pèsent.
32ème km : bifurcation. Ceux qui veulent arrèter, peuvent retourner directement au point de départ, les autres repartent pour un boucle de 16 kms... Georges hésite, me regarde et me suit. Les chemins deviennent durs, le soleil tape de plus en plus fort. Le Pas de Calais n'est pas haut, mais n'est pas plat !
Je viens de me rendre compte, après 35 kms, que je n'ai rien mangé (une barre de grains de sésame, deux morceaux de pommes) ni rien bu (un litre d'eau et deux cocas), depuis le départ à 9 heures. Je n'en ressens pas les effets. Ce seront mes gamins, qui adorent les crasses que je mange en course, qui seront contents de ce que je vais leur ramener. Nous ne savons pas trop ou nous en sommes question classement, mais sommes largement dans les temps de la barrière horaire.
Perdus au beau milieu de la campagne, nous retrouvons les ravitailleurs du troisième poste. Il nous reste 5 ou 6 kms. Notre temps de passage au marathon est de 5h30. Les crampes de George le paralyse et il doit s'arrèter fréquemment pour s'étirer. Pour une fois que je n'ai pas mon arnica et mon cuprum, ils auraient bien servi.
Sans être la grande joie, j'ai retrouvé du plaisir sur cette fin de course, avec le luxe d'une côte entière à 165 puls minutes. De toutes manières, j'arrive au bout de ce trail, et le reste n'importe peu.
C'est en compagnie de la femme et des enfants de mon compagnon de route que nous faisons les derniers mètres. 6h22 pour boucler ces 48 kms. J'aurais pu aller plus vite, je n'ai pas pu, pas su.
Je ne me suis pas éclaté, ni éclaté.
Je tourne en rond, je rame.
Maintenant, il va falloir que je relativise...
Beau trail tout de même, et pour une première, une réussite.
Une épreuve à mettre, pour l'année prochaine, à son agenda !

2008-06-13 13:03:50 : Ca casse - 2 photos - 5 réactions

On a beau vouloir faire l'amour, c'est la guerre...
Superbe chanson que celle là.

27/15 de tension artérielle à 145 puls/minute, et arrèt du test à l'effort à 155 pour cause de danger trop important.
Un sprinter atteint cette tension durant quelques secondes, moi, je la tiens durant plusieurs minutes, avec le risque qui en découle.
Alors que je cours pour me laver, la course me noie. Le monde à l'envers, ami ou ennemi ?
Un banal pontage, et ce serait fini, ami ou ennemi...

"Comme une sentinelle dans la nuit
Je suis debout, je vis ma vie
Et je crie : "Qui va là, ami
Ou ennemi ?"
Je marche au hasard dans la ville
Et d'orage en file de taxi
J'passe à l'orange je crie : "Ami
Ou ennemi ?"
Y a ceux qui vous disent : "You and me"
Qui vous passent sur le corps et puis
Vous laissent de jolies cicatrices
Les amis, les ennemis"
Maurane

Quand rien ne tourne rond...

Sans préjugé du sens à lui donner, dimanche, je m'éclate.

2008-05-15 13:31:14 : les Caracoles Célestes - 24 photos - 7 réactions

Bon, Ben pas de quoi fouetter un chat... un gros 100kms, 101 pour être précis, et 2950 M de D+... va falloir qu'ils pensent à organiser une course pour homme... ces ballades dominicales deviennent lassantes...
Bref, 2h30, dimanche matin, jour du Seigneur, des communions... je sors du lit, prends une douche et déjeune : une boîte de riz au lait chocolaté, café et jus de fruits... je pars sous le regard suspicieux de ma femme, il est 3 heures.
Arrivé à Namur vers 4 heures, je finis de déjeuner en m'enfilant tartines de confitures, café, prends mon dossard et termine de me préparer.
"Mais bon Dieu, qu'est ce que je fous là ?!?" Nous sommes 160 à nous poser la même question, et c'est à 5h15, après un rapide brieffing, que nous démarrons.
Il fait encore noir, mais personne n'a sa frontale, nous voulons tous profiter de la magie d'un lever de soleil sur la ville. La descente vers la vallée se fait en troupeau indiscipliné, et les rires nerveux commencent à faire place au silence.
Les premières descentes et montées se passent dans la bonne humeur; le début de parcours ne trahit pas ce qui nous attend. Les côtes ne sont pas trop dures mais nous sommes tout de même prudents et en gardons sous le pied, au cas où...
Je suis prudemment La Castafiore et Mercator, deux rodés du long, me disant que les suivre me permettra d'avoir une allure sage. Je fais la connaissance de Joe, avec lequel je ferai les 50 premiers kms. Tout en papotant, regardant le paysage, prenant des photos, le temps passe calmement, je suis bien, en forme. Il commence à faire chaud et déjà, sur le coup de 8 heures, les 20° sont atteints. Je bois énormément et sens que la journée ne sera pas de tout repos.
Après 3h15 de course, nous arrivons au premier ravitaillement. Contrairement aux trails normaux, ce ne sont pas des individuels qui courent, mais des groupes, et ce sont plus d'une vingtaine de personnes, en pleine brousse, qui mangent et discutent ensemble. Je mange et bois, sirote un peket et repars, toujours en compagnie de Joe. 750 M de D+ et 25 kms de faits.
Je suis étonné de ma forme, et dois calquer ma course sur La Casta pour ne pas me brûler. La traversée de certains villages est amusante car il nous arrive de passer devant des églises à la sortie de messe, et devant les communiants que l'on photographie, cela fait parfois désordre, un peu comme un essain de guèpes qui fondent sur leur proie.
Après 37 kms, nous retrouvons l'organisateur, rubalise à la main... Surpris en flagrant délit de débalisage ? non, plutôt le contraire, car un forestier à enlevé le marquage sur plusieurs kms, sous prétexte de traversée de terrains privés. Comique, le mec. Nous suivons les conseils du chef pour retrouver, trois kms plus loin, le balisage de la course. Il est presque midi, la température est de 25°, j'ai déjà bu 5 litres d'eau, je commence à avoir faim.
7h15, temps de passage au 50ème km, 1500 M de D+ de fait.
Bon, maintenant, on décompte ! Je prend 20 minutes de pause pour manger et boire, et repars seul, mon équipier du matin est déjà parti, et les autres mangent encore...
La nature est vraiment superbe, le soleil brille, le parcours toujours aussi splendide. Pour peu, à nous voir nous promener ainsi, on pourrait croire à la marche Adeps du village d'à coté, si ce n'est que nous savons tous ce que nous avons fait, et surtout ce qu'il nous reste à faire.
59ème km : nous traversons un haut lieu de l'histoire. Durant la guerre 40, Hitler, parti pour négocier, en train, à la frontière italienne, se terre dans le tunnel que nous traversons en courant, pour échapper aux bombardements alliés. La fraicheur du tunnel tranche singulièrement avec la température extérieur qui est maintenant à 30° au soleil.
Encore bien que des points d'eau sont accessibles car il fait vraiment chaud. il est 14 heures, et j'ai un fameux coup de barre, j'ai envie de m'endormir... je repense à Millau 2007, et me laissse planer dans mes souvenirs...
Ca y est, je déconnecte, mon esprit s'évade. Arrivé à un point d'eau, je bois à même la fontaine, et l'eau plus que nature me grise. Je continue seul, perdu dans mes pensées, je suis loin.
Il est maintenant 16 heures 45, j'ai fait 75 kms, 2250 M de D+ et ai bu 8 litres d'eau. Je sature. Une concurrente avait mis sur une table des sachets de ORS, solution réhydratante pour nourrissons, et j'en prend un verre.
Génial, ce truc, infâme à boire, mais oh combien régénérateur, je ne peux que le conseiller à toutes et tous qui courez sous le soleil !
Et toujours ces côtes, et toujours ces descentes, et toujours ce paysage aussi bucolique. Ca y est ! Même si mon esprit vagabonde, mon corps suit ! La forme est de nouveau là, je ne dors plus, je prends de temps en temps mes puls au dessus des montées, et suis rarement au dessus de 130.
Des supporters nous font la fête à chaque endroit possible, la fête est belle, réussie !
90 ème kms, une amie me donne les derniers tuyaux de course, et je pars à l'asssaut des derniers 11 kms, dont deux grooooossses côtes, et des bosses de chameau. Nous sommes de nouveau 8 à courir ensemble, et ne nous lacherons plus. La traversée de Namur se fait dans la rigolade jusqu'à ce que nous ne trouvions plus de marques de course ! Un comparse habitant Nanur nous indique un chemin nous reconduisant vers la citadelle. Cette personne, en moins de trente seconde, s'est fait 7 ennemis. Son petit chemin, fastoche, a en fait un pourcentage moyen de 18%, avec deux passages à 35%, pas longs (10-15 mètres) mais qui, après 100 kms, nous tuent !
Et enfin, la délivrance, l'arrivée ! Le temps qui nous sépare sur papier n'est du qu'au doigté du chronomètreur sur le clavier. Cela n'a pas d'importance, tant l'accueil des spectateurs et la chaleureuse ambiance nous prend aux tripes.
Il est 21h30, il y a 16h09 que je suis parti.
je suis bien, J'en ai une fois de plus pris plein les sens, la vue, l'ouie, l'odorat; j'ai encore dans la tête les odeurs de colza, pivoines, foin fraichement coupé, bouleaux, de terre, de l'eau..., la beauté du paysage, le regard de ces gosses sortant d'une église stupéfaits de nous voir déblouler comme des extra-terrestres...
Je suis bien, je voudrais partager, je ne peux pas, je ne sais pas. Je bois une bière, j'essaye de manger, mais ai la gorge serrée. Je descend prendre une douche, je rentre. Il est minuit, je me glisse dans mes draps.
"Bonne nuit, Nouch, bonne journée ?
-oui, merci, et toi ?
-petite ballade bien agréable, à tout à l'heure..."
Lorsque deux mondes se retrouvent...

temps de passage au 25 kms : 3h15
temps de passage au 50 kms : 7h15
temps de passage au 75 kms : 11h50
arrivée 101 kms : 16h09
103ème sur 160 partants, 125 arrivés
température à 5 h : 15°
température à 10 h : 20°
température à midi : 25°
température à 15 h : 30°
température à 18 h : 20°
température à 21 h : 18°
10 litres d'eau bus, 2 litres d'autres liquides

C'était la première et peut-être la dernière édition de ce trail, mais avec les Célestes, chaque course, même ancienne, est une première !

2008-04-08 10:34:37 : Le tour des cimetières... - 1 photo - 13 réactions

Ce n'est pas la période de Toussaint, période que je déteste pour ce qu'elle traine derrière elle, mais ma dernière promenade dans Paris, ce vendredi.
Après avoir rédécouvert les sensations de la course en ville, ou plutot dans les parcs, en compagnie de ma complice de CAP jeudi fin de journée, une heure trente de mourche sous le soleil printanier, J'ai eu envie d'un peu plus.
Levé vers 6 heures, petit café à l'hotel, et en route.
Direction, les Buttes-Chaumont. Il fait déjà clair, et le soleil pointe, un peu de nuages. Je le sens bien, je vais m'éclater. Le parcours que j'ai choisi, sur plan, est plat, sur la route aussi. Ce ne sont pas les petites bosses rencontrées qui me tracassent. J'apprécie ces moments ou la ville encore endormie, m'accueille.
Le canal Saint Martin est seulement troublé par les quelques mouettes déjà debout en ce beau matin d'avril. Les boulevards et les rues encore déserts à cette heure ne semblent pas étonnés de me voir débouler à petite allure, et très facilement, j'atteint le parc des Buttes-Chaumont. Redescente vers le parc de Belleville et direction le Père Lachaise. Les merles s'en donnent à coeur joie... et dire que dans cet endroit qui regorge de vie, des gens pleurent...
Pas l'envie de m'éterniser, même si le voyage est magnifique. Je redescend vers la Nation, puis la Bastille, ou je retrouve le canal. La ville commence à s'animer, je ne sais pas l'heure, et mon estomac, mon horloge interne me réclame rien. Je suis bien. Traversée de la Seine, et je longe le Jardin des Plantes.
"-vous vous entrainez pour le marathon de Paris ?
-non, je me promène...
-vous faites le marathon de Paris, moi, oui...
-non, je suis de passage, et en profite pour me distraire un peu.
-mais pourquoi vous courez ?
-ben, euh ???
-je vois sur votre survet que vous avez été à Millau, un cent Kms ?
-oui, j'y suis aller.
-et un cent kms, c'est dur par raport au marathon ?
-ben un peu, c'est deux fois et demi la distance.
-et cela est dur, cela prend du temps ? par rapport au marathon ?
-ben trois fois plus de temps, voire quatre...
-parce que le marathon, c'est dur !!!
..."
J'hallucine, je suis en plein délire; il n'y en a qu'un et il faut que je tombe dessus... Arrèter à un feu, il faut qu'un benèt m'aborde. Bon, je sais, je suis belge, Linda me le fera remarquer quelques heures plus tard, mon bon Dieu, pourquoi à moi, et le matin...
Je n'attend pas la suite de cette formidable rencontre, je fuis !
Le jardin du Luxembourg me donne la possibilité de me cacher, afin d'être sur de na pas être suivi... Direction le cimetière de Montparnassse. J'entre dans un café, et me commande un café croissant. Le barman rie en me voyant, et me donne un cour de diététique. Je m'enfile mes croissants (3) mon café et mon jus d'orange, et repars, après 20 minutes de rires et blagues. Déjà, je remonte le Champs de Mars, traverse la Seine, et m'enfile les escaliers du Trocadéro. Oufti, c'est dur des escaliers, même quatre à quatre, il en reste assez pour me faire mal aux genoux.
La digestion se fait bien, Je vois l'Arc de Triomphe. La ville est maintenant bien animée, je croise d'autres coureurs, et de temps en temps, l'une ou l'autre répond à mes saluts. Je constate que les hommes sont des coincés, et que les dames sont bien plus sympathiques. Je traverse les Champs Elysées et file vers le Parc Monceau, Place de Clichy (j'évite les sex-shops) et passe à coté du cimetière de Montmartre.
Je dois être beau dans l'effort car deouis le début de ma randonnée, je ne compte plus le nombre de personnes qui se retournent sur mon passage (j'ai pris ma douche, ne pue pas, et mes vêtements sentent bon le frais, merci !). La butte de Montmartre est vite grimpée, facile de ce coté, et les escaliers encore plus vite descendu. Le manège ne tourne pas encore, au pied de la butte, mais j'ai la chanson de Stanislas dans la tête...
J'arrive à Barbes, et me dirige vers la gare du Nord, et mon hotel. Il est 9 heures, je suis bien. J'ai fait plus ou moins 25 kms, et non, je ne fais pas le marathon.
Pas de photos, vous devez, pour beaucoup, mieux connaitre la ville que moi.

2008-03-13 09:00:19 : Dans les Yeux... - 1 photo - 15 réactions

Dans les yeux de ma mère
Il y a toujours une lumière
Dans les yeux de ma mère
Il y a toujours une lumière
L'amour je trouve ça toujours
Dans les yeux de ma mère
Dans les yeux de ma mère
Il y a toujours une lumière

Il est toujours trop tot pour dire "au revoir"
Il est toujours trop tard, lorsque l'on a dit "au revoir" pour dire je t'aime.
Ciao, maman.

"Un tour de manège
Autour de nous qui
Tournons autour de nous
Un tour de toupie
Pour voir
Si notre amour
Vaut le tour

Tourne
Tourne
Tourne
..."

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