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2009-01-19 09:43:12 : Le Trèfle à Quatre Feuilles, (Olne) 18 janvier - 0 photo - 9 réactions

Le Trèfle Digest : 4 boucles d'un total de 42.5 kms (12.5, 11, 10, 9 kms). Sens inverse du parcours 2008.
Météo : température de 3 à 6 °, vent modéré à fort d'Ouest de 30 à 50 km/h, avec rafales à 60-70 km/h source météo.be (ce qui signifie, sur les plateaux, que pendant 50% du parcours, le vent est favorable, et les 50% restant, c'est la m....), la matin, faible pluie, grooossse averse entre 13 et 14h30, et tempête de grèle sur le coup de 15h45.
État des chemins : transformés en ruisseaux, complètement boueux, 3 cms de boue sur un sol gelé, ou carrément gelé, bref, difficiles.
Condition physique bonne, mais je regrette de n'avoir couru que 10 kms ces dernière 6 semaines, et cela se ressent.
Etat d'esprit : très bon.

Il est 9h15 lorsque j'arrive à Olne pour prendre mon dossard. Les retrouvailles avec d'autres coureurs, les échanges sur les courses faites, à faire, me mettent de bonne humeur. Les ambiance Célestes sont magiques ! Il faut les vivre pour comprendre. L'on entend parler français, flamand, allemand, luxembourgeois, anglais... une fois de plus cette course sera une fête.

Il est 10h10 lorsque le départ est donné. 500 personnes qui s'ébrouent, cela fait désordre. Les premiers bouchons se forment lorsqu'ensemble, nous essayons de prendre le monotrace. L'organisateur a eu la bonne idée de laisser un sapin en travers du chemin.
L'on reconnait de suite les coureurs du dimanche aux traileurs : les premiers essayent d'éviter la boue, les seconds pataugent sans se soucier de la nature du sol. Amusant contraste. Je suis une fois de plus, content de mon choix de chaussure, et les crampons de mes inov8 font merveille. Grace à mes chaussettes étanches, la traversée de chemins ou devrais-je écrire, de ruisseaux, n'est pas un supplice, et je garde les pieds secs. Cette première boucle, de 12.5 kms est au départ, assez facile. Seul le nombre de partcipant rend la progression mal aisée. Je retrouve et papote avec mon voisin, partage ma bistouille avec lui, retrouve Chapichapo, Le Sage, Pol, et beaucoup d'autres. Le temps passe doucement, agréablement, la météo est calme, elle aussi. Si le début de la boucle est "raisonnablement" difficile, la fin n'est pas, elle, piquée des vers comme on le dit chez nous... Nous devons gravir un sentier de vaches tellement défoncé que même les vaches, aujourd'hui, ne le prennent plus ! oh, il n'est pas long, environ 300 mètres, mais il faut beaucoup d'adresse pour rester sur pied ! Une fois au sommet de la colline, encore une descente, et montée pour terminer cette première étape. Je la boucle en 1h35, je me sens bien.
Un thé chaud, des raisins secs, un biscuit et hop, en route pour la deuxième boucle. Il y a déjà moins de monde (110 personnes ont arrèté après cette première). Je prend mon pied, suis bien. Les chemins ne sont pas trop mauvais en ce début d'étape, et je cours allègrement. Aucun état d'ame, étrangement, aucune chanson pour me pousser. Seuls les bruits du vent, des oiseaux, de la nature suffisent à mon confort. Bien sur, entre les coups, je papote encore et toujours avec le premier venu. C'est cela aussi la magie du trail, la rencontre de l'autre. Un regard, un sourir, et l'on a l'impression de se connaître. Arrivé au ravitaillement (seulement de l'eau [enfin en principe], pas de solide), j'ai droit à un café calva bien réconfortant. Je n'ai pas froid, ai toujours les pieds secs, encore une belle matinée de course. Il y a 3 heures 08 que je suis parti.
Retour vers la chalet de départ, nouveau ravito, thé chaud, couque, raisins secs, et hop, en route pour la suite.
La troisième boucle n'a rien de bien spécial, le parcours n'est pas vraiment à mon gout. De temps en temps une superbe maison, un beau ruisseau, mais rien qui ne m'attire vraiment. La présence d'un copain au controle me donne de la pêche, on rie, on boit, on s'amuse. Une photo, et repars. La pluie fait son apparition; Il est 13h30. Pas vraiment amusant, mais pas trop dérangeante, et comme je n'ai pas froid, tout va bien ! Je cours plus que je ne marche, et même si je ne vais pas plus vite qu'en marchant, cette nouvelle façon d'avancer va me permettre d'aller à l'avenir, un peu plus vite. Fin de la troisième boucle, au chrono, 4h33, pour 33 kms.
Allez, encore une petite couque, du raisin, du thé, du Peket citron, et en route pour la fin de l'aventure, et la quatrième boucle.
A mes yeux, jolie, cette quatrième étape, avec une longue descente vers Soiron, dans les champs, avec des traversées de prés, de bois. Certains passages sont tout de même assez délicats car le dégel suivi de pluie a transformé les champs en bourbiés, et l'on a vite un kilo de boue a chaque pied. Je suis à ce moment, en plein milieu d'un champs de maïs, à découvert lorsque j'entend un coup de tonnerre et sens le vent forcir. Le temps de mettre mon Kway, et de lever le nez au ciel que je me retrouve en pleine tempête de grèle. Je n'ai rien pour m'abriter, le vent et la grèle sont tels que je vois pas à plus de 5 mètres. Coome l'a dit VBD, trop is te veel ! Je suis instinctivement la trace dans la boue. Je n'ai aucune envie de penser, chanter ou me distraire ! Une seule envie, être à l'abri. Je cherche toujours...
Après un km de galère, j'arrive près de Richard, qui nous attend au dernier ravitaillement. Quel plaisir, un ami, ce Ric50 ! Il a pensé à moi ! et m'accueille avec un 15 ans d'age de derrière les fagots. Plus que le reconfort de la boire, c'est le fait d'y avoir pensé qui me booste. Encore 5 kms, le temps se stabilise, et j'aurai même droit à une groose éclaircie avec un timide soleil en vue. Ces derniers kms sont durs, j'ai les jambes tétanisées par le froid et avance comme un robot. J'ai alors le seul regret de la journée, de ne pas m'être entrainé plus de 10 kms sur ces 6 dernières semaines.
Je croise une petite vieille dans les rue d'Olne : "Binor d'es rivnu ! " elle rie, "alle, coredje mi p'ti fi !"
encore 500 mètres.
Arrivée au chalet en 6 heures et quelques...
Encore une belle journée, encore une belle course ! encore courir pour le plaisir.
Une bonne douche, une bonne bière, une prière pour mes chaussetes qui sont mortes (360 kms et 6 courses de bons et loyaux services).
Retour à la maison, tiens, ma femme sourie ! une belle journée, je vous dis !

2008-12-01 11:57:54 : Olne Spa Olne, 30 Novembre 2008 - 1 photo - 8 réactions

Olne –Spa Olne 2008

« Pour que l'âme se soulève,
Vers la transe, descendons »

Digest de l’épreuve
65 kms, 1950 D+
Météo entre -1° et +5°, humidité plus de 90%, vent nul à faible ; Matinée : nuageux entre coupé de belles éclaircies ; Neige à partir de midi 30 jusqu’à 14h30 ; Après midi nuageuse avec quelques rares éclaircies.
Terrain gras (très), avec 60% de boue, 25% de chemins durs et 15% d’asphalte
Levé du soleil 6 heures (non, c’est moi, ça) levé du soleil 8h15, couché 16h35
Petit déjeuner : un croissant sucré, un pain au chocolat, deux jus d’orange, et trois cafés.

« Allons y danser, laisser couler,
C’est le moment de rire et d’aimer
Allons y danser, allons y rêver,
Comme c’est bon de vivre »

8h10, départ
Il ne pleut pas, il fait froid, il y a du monde et c’est dans la détente que nous partons pour cette journée de course. L’âge des participant(e)s va de 17 à 79 ans, pour dire la diversité des personnes rencontrées.
Les premiers kilomètres nous donnent un rapide aperçu de ce que seront les autres, à savoir boueux, mouillés et difficiles. Il fait très glissant et je suis content d’avoir mes chaussures à crampons, un peu moins efficaces sur le dur, mais oh combien confortables sur le gras. Le paysage est toujours aussi beau, même si le soleil n’est pas encore de la partie. Je n’ai pas mon APN ; la météo prévoyant du très mauvais, j’ai préféré ne pas l’avoir sur moi, et déjà, je le regrette. Nous sommes toujours plus ou moins groupés, enfin étendus sur quelques centaines de mètres lorsque nous arrivons au pied des premières côtes. Nous papotons, discutons de tout et de rien avec les personnes que nous découvrons au gré des groupes. Je rencontre la Castafiore, Mercatore, chapichapo et bien d’autres. Les premiers 10 kms sont parcourus en 1h10. Pas facile de courir avec un kilo de boue à chaque pied et encore bien, les chemins se confondent parfois en ruisseau et l’on peut patauger dans l’eau pour se nettoyer les pieds. Après une heure 45 de course, nous atteignons ND de Banneux, j’en profite pour remplir mon bidon à l’eau de Source, et fait pieusement le Chemin de Croix que je traverse. Encore deux kms, et j’arriverai au premier ravitaillement.
Un groupe de coureurs s’agglutine autour de la table qui fleure bon le pain d’épice, les raisins, et autres douceurs. Je sors ma bouteille de genièvre et m’en prend un rasade. Je le crie encore bien fort, cette délicatesse vaut toutes les boissons énergétiques que l’on puisse trouver sur le marché, et est, ce qui n’est pas négligeable, un produit naturel !

« Au-delà des sommets et des sentiers battus
Au large où la terre s'offre au soleil
Plus loin que l'arrière
Et n'ayant jamais vu
Nature flamber ses merveilles
Là-bas m'attire.
Comme aspiré par l'à-côté,
Je mets mes pieds dans l'sens opposé de mes pas. »

Nous quittons le bois Wisselez pour descendre sur Theux via Jevoumont. Le soleil nous illumine la vallée, et la vue que nous avons est magnifique, la rivière, le château de Franchimont, le village, les bois alentours… presque en vacances ! Nous prenons maintenant la direction de Spa, et du bois de Staneau, et bois de la Longue Hé. Nous plongeons dans la foret sous les chants des oiseaux qui nous accueillent. Les paysages sont superbes. Je me sens bien, je suis bien. Je cours sur le plat, dans les descentes, et marche les côtes fortes. Forme et plaisir sont là. Je longe maintenant le sommet de la vallée et le chemin qui me conduit à Spa m’offre une vue sur la ville qui m’en donne des frissons. Il est midi 20, et j’arrive au deuxième ravitaillement.
Je sors mon ravitaillement, m’enfile deux gaufres aux fruits, et me tape un bon whisky.
Assis à coté de moi, un comparse inconnu en a assez, et veut stopper. Je lui tend mon verre, il en boit une rasade, sans trop savoir ce qu’il buvait. Surpris, me dit tout de même merci. Après 5 minutes, je le vois reprendre des couleurs, et partir, il terminera !
La neige commence à tomber, nous sommes très vite tout trempés par cette eau lourde qui nous tombe sur la tête. J’ai l’impression que ce sont les arbres qui nous pleurent.
Nous sommes repartis à 4 ou 5 mais très vite, la fatigue aidant, nous nous perdons de vue, et c’est dommage. Courir sous la pluie ne m’a jamais ennuyé, et je continue seul mon petit bonhomme de chemin. Je remonte de temps en temps l’un ou l’autre participant. Certains disent parfois qu’une bonne descente repose… celle-ci, le long de l’autoroute, vers Polleur, à plus de 15 % dans la boue, nous tue ! presque le repos éternel ! Les jambes cassées, je repars pour le ravito suivant, j’avance avec la régularité d’un métronome, pas vite, mais toujours en courant.

« Dieu que la route est longue ...
Suivre la route et
Semer les vents
Les dos sont voûtés quand
Le grand manteau noir descend
D'encre et sans
Y laisser
Le moindre pis-aller.
Dieu que la route est longue”

Il est 15h15 lorsque j’arrive au troisième ravitaillement. Je retrouve l’un ou l’autre concurrent autour d’une soupe bien réconfortante. Nous discutons de la suite, la terrible suivante, 150m à 25% dans la boue pure et molle ! Une gorgée de genièvre et je repars, sous les yeux intrigués des mes comparses.
Bon, cette cote, cette put… de côte, je me la fais, calmement, toujours heureux de mon choix de chaussures. La suite, le long de la Vesdre, sera dur, car ce ne sont que succession de petite cotes et descentes mortelles à ce stade de la course. Je chanterais bien Suchon, et « on avance », il pleut encore, alors pourquoi en remettre une couche ?!?
16h35, officiellement, le soleil se couche, moi pas ! Il commence à faire sombre, la nuit tombe vite.
17 heures 10, dernier ravitaillement. Je le fais au vin et pain sec. Que des bonnes choses, et termine par un genièvre (si, il en restait !) et je le partage avec les bénévoles qui sont bien amusé de voir mon carburant du jour. Il fait maintenant noir, et je n’ai pas ma frontale. Je cours à la sensation, et je m’entend que le bruit des arbres, de ma respiration, de mes pas. Pas un oiseau, pas un animal, comme si la nature s’était figée à cette entrée d’hiver. Sur l’asphalte, ça va, mais lors de la traversée des bois, ce sera plus périlleux. Sur deux cents mètres, je vais devoir arrêter de courir pour cause de trop de danger. J’ai cette faculté de bien distinguer, dans l’obscurité, le relief, mais là, s’en était de trop, et après avoir glissé deux fois, je n’ai pas voulu, à trois kms de l’arrivée, finir en civière pour une bêtise. Je dépasse un dernier coureur à 1 km de l’arrivée, l’invite à me suivre, mais il n’en peut plus, à trop mal aux jambes. Je termine en 10 heures, heureux et frais. Encore une belle. Une bonne douche, une bonne bière, de bonnes pâtes.

« De l'autre rive
On voit le soleil en plus beau
Et la magie jaillir des fontaines
De l'autre rive »
Entre l'océan et l'îlot
S'égaye la vague en peine «

Bonsoir, Nouch, bonne journée ?
Oui, à demain…
Deux mondes, deux mondes…

« On se fait des amours, on se fait des amis
On change de parcours, ça tombe dans l’oubli
Et je rentre chez moi et je ne reconnais pas
Ni mon toit ni mon lit ni ma mère

Je repartirai plus loin ou bien je reste ici »

Merci à Philippe Lafontaine qui m’a accompagné tout au long de cette journée…

2008-09-30 15:48:55 : Millau 2008 - 20 photos - 10 réactions

Je l'attendais, celle là, avec impatience !
Si Millau 2007 avait eu une signification toute particulière, Millau 2008 était la course du retour. Du retour du mental, du physique, de moi, simplement.
Mal préparé physiquement (seulement 200 bornes à pied depuis juillet) mais superbement mentalement (je savais que Brinouille m'accompagnerait, que j'y trouverais Barbie, Eric, DanL...) C'est assez serein que j'ai entrepris le voyage vers le sud, ce vendredi 26.

Arrivés à Millau vers 20h00, nous sommes allés retirer les dossards à la salle des fêtes, pour ensuite dîner avec Barbie et ses troupes.

Samedi matin, Marie, notre hôte du week end, nous avait préparé un superbe petit déj et c'est bien 'calés' que nous débarquons à Millau. Je sens Brinouille sur des charbons ardents, avec une envie d'en découdre sur le bitume. La rencontre avec Momo et DanL la dynamise encore plus.
Je finis calmement de me préparer alors qu'elle tourne un peu en rond. Un amusant contraste.
Elle m'abandonnera vers 9h25, pour aller au point de rencontre coureurs-vélos, à Aguessac, à 6 kms du départ officiel.
Bon, 9h55, dernier coup de fil à Linda pour lui faire écouter la fanfare locale qui s'époumone à nous jouer du folklore local, et puis Bang ! le coup de tonnerre pour faire fuir tout le monde. Il est 10 heures.
Il y a beaucoup de spectateurs dans les rues, et la sortie de Millau est très belle. Le soleil est là, un petit vent raffraichit.

Les premiers kms sont tristounets, je suis seul, sans accompagnatrice... mais bon, je ronge mon frein et patiente. J'ai de bonnes sensations, et avance bien, papotant avec d'autres concurrents. Le premier ravitaillement me donne la possibilité de gouter à sandwich fromage, et je vous en assure, je n'aime pas du tout le camenbert-crème ! Même avec de la bière, il ne passe pas.
Enfin, elle est là ! Je retrouve mon accompagnatrice du jour. 6 kms sont faits, J'ai chaud. Il fait beau !
Le début de parcours est facile, je le savais, et vais plus vite qu'en 2007. Je profite autant des ravitaillements, mais mange moins, un petit peu moins, ce qui ne sera pas le cas de tout le monde, mais je tairai son nom !
Nous ne savons pas où est Barbie, nous ne l'avons pas vue au départ, et au dizième km, une silhouette bien connue nous rattrape. Elle est là, à coté de nous, Notre Barbie... bon, là, j'en rajoute oui, mais ça nous a fait plaisir de la voir arriver.
Nous nous en y perdons un peu dans les meneurs d'allure qui nous dépassent sans trop de règle, et d'après mes calculs, les premiers kms se font sur un temps de 11 heures. Illusoire, bien sur, mais théorique. Et ce qui devait arriver arrive, Barbie s'éloigne, avec son groupe de supporters.

Brinouille a découvert que des mûres sont délicieuses à manger, et s'arrète tout le temps pour en cueillir et m'en proposer ! Je la soupçonne de s'en goinfrer mais n'ose rien dire, tant elle me fait rire à se précipiter sur ces trésors.
Il est treize heures, et il commence vraiment à faire chaud. J'ai fait presque 25 kms, et sens que l'eau que je bois ne me désaltère pas. Brinouille me préparera mon premier sachet de sel réhydratant pour bébé (AllHydrate, retenez ce nom). C'est vraiment agréable d'avoir quelq'un avec soi pour être aidé, soutenu. Nous papotons beaucoup avec les autres coureurs, nous nous amusons comme des gosses. Quand je n'interpèlent pas les gens pour être applaudi, j'embrasse une petite vielle qui nous félicite pour notre course... Les kms, eux, défilent.
Le passage du marathon se fait en 5h40. Nous quittons de suite la salle de contrôle pour s'enfiler la seconde boucle. Et surtout les premières difficultés. Nous sommes avec le meneur d'allure des 15 heures pour monter sous le viaduc, Brinouille piaffe toujours, et pédale toujours aussi allègrement. La journée est vraiment belle. Une amie de Barbie m'accompagnera dans le descente vers St Georges, moment bien agréable.
Je tairai le passage entre St georges et St Rome, que je trouve horrible, et c'est en chantant que nous passons le temps. De temps à autre, dans ce paysage digne de Jurassic Parc, un ptérodactyle passe au dessus de nos têtes, en criant... je n'ose rien dire à Brinouille, qu'elle ne prenne peur (pas de l'oiseau, de moi !) Pour moi, ce héron que je vois voler, c'est dans mon assiette que je le voudrais...
Bref, on avance ! lentement, mais on avance. Fred et Linda nous demandent de temps en temps de nos nouvelles, nous informe de l'état de Barbie; c'est bien agréable de se sentir entourés.
Nous croisons les premiers, que nous saluons et encourageons fortement. Nous aurons même droit à un sourir du premier de l'épreuve, pourtant en plein effort.
60 kms ! Et la montée de Saint Rome, avant de rejoindre Saint Affrique. C'est toujours en chantant et jouant que nous commençons la montée. Nous allons croiser DanL, pas en plein effort, il ne pédalait même pas... mais aura le temps de nous rendre en photo... Nous y verrons Momo, en vrai extra trestre, tant l'aisance qu'il montrait était bluffante ! Cette côte est dure, mais belle, et nous savons, comme l'a aussi écrit Barbie, que nous n'avons même plus un marathon à faire...
Le dernier ravito avant Saint Affrique est tout aussi gastronomique et ludique que les autres. Je m'amuse avec une petite dame qui esssaye d'entrer en communication téléphonique avec quelqu'un et qui, sans s'en rendre compte, commence à me parler croyant être au téléphone...
Bref, on viendra dire que l'on n'est pas sérieux ! Il est presque 19h30 et nous descendons vers S-A.
Dans la descente, à 200 mètres de nous, je reconnais la ligne de notre poupée blonde et Brinouille et moi scandons son pseudo à tue-tête. Il faut dire qu'elle est vraiment belle à voir courir, et j'en oublie de prendre mon appareil photo pour fixer l'instant. Elle à l'air en pleine forme ! Nous savions par Fred qu'elle faisait un beau parcours, et nous en avons eu la confirmation de visu.
Saint Affrique, enfin ! plus que 28 kms ! mais dont la sortie, après le ravito, est démentielle : une côte de 5 kms, dans le noir maintenant. J'ai froid, et sens que Brinouille, qui m'a été d'une aide inimaginable depuis le matin, commence à saturer. La pauvre crapahute depuis 10h30 à mes cotés, et si de jour, cela passe parcequ'elle peut se distraire de ce qui nous entoure, la nuit nous isole, et le froid nous glace. Il nous faudra 50 minutes pour sortir de cette difficulté; nous nous réchauffons au sommet autour d'un brasero, puis repartons, et chantant, mais sans trop d'enthousiasme. La vue des concurrents nous croisant dans la montée nous désole, et nous souffrons pour eux.
Pour nous, ce ne sont plus que 17 kms lorsque nous débouchons dans la vallée. Une petite soupe, un bout de pain, et nous repartons. Ces départs de salle sont très durs, et nous grelottons de froid. Brinouille décide de pousser son vélo pour se réchauffer (elle fera les 15 derniers kms à coté de son guidon !). Je me sens mal à l'aise de l'avoir entrainée dans cette aventure, même si elle ne dit mot, je la sens loin. Un dernier petit en cas, une petite soupe, encore, et une petite dizaine de kms...
Une petite dernière cote, et un gros coup de fatigue pour mon accompagnatrice. Elle tentera de reprendre le vélo, mais ne parviendra pas à rouler droit, et reprendra la course. C'est avec beaucoup de plaisir que nous découvrons le panneau 95 kms et nous soupirons. 97ème km, Brinouille revit ! Elle me tire littéralement sur les derniers kms, m'imprimant un rythme que je tiens difficilement. Et enfin, la ville, les dernières rues, la remontée du parc... Brinouille dépose son vélo, me tire dans la rampe nous conduisant à la salle et c'est main dans la main que nous passons la ligne. Elle l'a fait, son 100 kms, elle l'a fait.
Pendant qu'elle se restaure, je me fait masser. Il est trois heures du matin, nous disons au revoir à Ric12 et partons dormir.
Je me sens bien, elle va mieux et a retrouvé son sourir. Nous avons passé une magnifique journée !
Je ne saurai trop la remercier pour son accompagnement.
Et merci aussi à Momo, Barbie, DanL, Ric, Mireille, Nico, Fred, Linda, Eric et tous les autres, pour leur présence, leur rencontre.

Nous sommes mardi, j'ai recouru 5 kms ce midi...

2008-09-09 15:42:32 : OHM TRail, (B) Aywaille, 08 septembre 35 kms et 1700 D+ - 11 photos - 12 réactions

Ohm Trail, 8 septembre, Aywaille, Belgique
1700 m de D+ pour +/- 35 kms.
Ohm, symbole de résistance… j’avais déjà commencé un de mes CR sur ce trail de cette manière ; cette année, ce symbole prend toute sa valeur !
Après mes ennuis de cette fin de premier semestre et ayant trouvé en l’industrie pharmaceutique mon principal sponsor, j’aborde ce début de saison sur des œufs : comment retrouver la confiance en moi, et comment courir, en plus du reste, avec la borréliose et mon asthme ? En m’inscrivant sur cette course que je connais, je savais les risques grands, mais étais aussi conscient que si les résultats étaient positifs, le moral reviendrait au top.

Dimanche 8 , 8 heures.
Levé, douche et petit déjeuner copieux, pour être à 9 heures 15 sur place.
La journée commence bien, les organisateurs n’ont pas pris en compte ma pré-inscription… un signe ? je pars, je reste ? je pense à autre chose, et retombe dans un mutisme, je me prépare, chaussette gauche, chaussure gauche, cho 7 droite …
10 heures, brieffing, 10h10, départ ! Avec mes misères et mon sur poids, cela fait presque 6 semaines que je ne cours plus, et ai juste 100 kms de préparation…

Après 500 mètres de plat, certains diront d’échauffement, les festivités commencent : passer de 122 m d’altitude à 330 mètres sur quelques centaines de mètres… on dirait les Alpes. Je ne pense à rien, et cours comme un robot, sans plaisir mais sans douleurs non plus. Le parcours en ce moment, est identique à celui de l’année précédente ; l’organisateur a bien prévu quelques changements, je me réjouis de voir de quoi il en retourne. Malgré la pluie fine du matin, il fait assez chaud, et parfois le soleil nous réchauffe, je me détend lentement. Les paysages et nature sont toujours aussi beaux. D’un bref calcul, après10 kms, et 400 mètres de D+, au pied d’un put… de côte, le déclic ! le genre de truc qui vous fait passer de l’état de spectateur à celui d’acteur, une poussée d’adrénaline pas possible telle un coup de pied aux fesses ! Au fait, cette cote, un mur, en légère courbe, qui vous donne l’impression d’embrasser le ciel.
Il y a 1h10 qui je suis parti, et j’atteins le premier ravitaillement. Tout va bien.
Je bois mais comme à Desvres, je ne mange pas. La sortie de la vallée est en forte pente, et je remonte un groupe de marcheurs. Cela me dynamise. Les 500 mètres suivant seront d’un autre registre, pas en difficulté, mais courir dans les hautes herbes me fait peur, et je repense à cette saloperie de tique qui m’a fait tant de mal. Je paierais cher le cantonnier pour qu’il vienne débroussailler ce passage.
Je descend maintenant vers le Ninglinspo, lieu touristique mythique de la région, superbe, enchanteur, magique en balade, à pied, mais en course, même lente, très technique ! Je ne sais sur combien de mètres, le chemin longe le ruisseau, et le traverse de gauche à droite, sur de petits ponts en rondins. Je choisis la facilité et passe au travers de tout, en ligne droite, pataugeant dans l’eau. Je prend maintenant du plaisir à courir. Le deuxième ravito est au dessus d’une butte, petite, mais hard ! Je prend 5 minutes pour papoter et boire. Il fait beau.
Montées et descentes se suivent, se ressemblent. Les petits changements apportés au parcours le rendent encore plus dur et technique que l’année précédente. Pour le puriste, ce n’est que du mieux, mais pour le néophyte qui venait s’initier au trail, ce n’est pas une bonne chose.
27 kms, et dernier ravitaillement. A vol d’oiseau, il reste 1km, sur le terrain, il en reste 6 . Yves et Dominique, les GO, nous font monter et descendre à flanc de vallée. C’est beau de voir, sous différents angles, le même château accroché à la colline, mais je n’ai pas l’impression d’avancer, et cela me tue. Mais enfin, le bout du tunnel ! Enfin le bout, la dernière côte plutôt, mais de cela, j’en suis sur, c’est la dernière ! Nous passerons de 150 mètres d’altitude à 310 mètres sur 300 mètres de cote ! Dur en fin de parcours, mais sentir l’écurie me booste. Je n’ai pas eu de douleur, de réel problème sur le parcours, je suis content !
De bonne augure pour la suite, avec Millau fin septembre.
Mes problèmes ne m’ont pas trop affectés, si ce ne sont d’énormes douleurs aux genoux et aux omoplates (problèmes liés médicaments) pas de coup de fatigue, de douleurs nerveuses, musculaires, rien de bien ennuyant à signaler. La machine a tenu !
Il est 15h10 et j’en termine.
Ma femme m’attend. Je bois une bière, un coca. Je n’ai pas de gout à manger, pourtant, j’ai droit à un « boulet-frites-salade ». Je rentre direct à la maison, je prendrai un bon bain chez moi.

Le moral revient, le physique me laisse tranquille. Une nouvelle saison recommence. Aujourd’hui, j’ai couru seul tout le temps, j’ai eu du temps pour moi, du temps pour vivre, rêver, penser… un bon lavage de cerveau.
48 heures après cette course, et avoir recouru ce midi une dizaine de kms, mon asthme ne m’ennuie plus, et aucune douleur à la course n’est apparue.

non, pas de photo de moi cette fois, je ne tiens plus la comparaison avec Fred...


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